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Le stealthing est le retrait non-consenti du préservatif. Une main est vue en gros plan avec une protection posée au milieu de sa main, pendant qu'une autre personne est allongée dans son lit en arrière plan.

Le stealthing, ou le retrait non-consenti du préservatif

9 septembre 2026,

écrit par

Le stealthing, c’est retirer son préservatif en plein rapport, sans en informer son·sa partenaire. Et cette pratique concerne bien plus de monde qu’on ne l’imagine, avec des conséquences dramatiques et réelles, physiques et psychologiques.

Voici ce qu’il faut savoir sur le stealthing en France.

Besoin d’en parler tout de suite ? Contactez le 3919 (Violences Femmes Info) ou le 116 006 (France Victimes, tous genres confondus), gratuits et confidentiels.

Le stealthing, ou le retrait non-consenti du préservatif

Sommaire

Qu’est-ce que le stealthing ?

Le stealthing désigne le fait de retirer son préservatif pendant un rapport sexuel, à l’insu de son·sa partenaire, alors que son usage avait été convenu au départ. Au Canada, l’Office québécois de la langue française reconnait aussi le terme furtivage.

Attention, le stealthing, ce n’est pas un « oubli » ou un simple « accident ». C’est un acte délibéré, qui ne respecte le consentement donné au préalable. La personne a accepté un rapport sous certaines conditions précises. Et ces conditions sont rompues sans son accord et parfois même sans qu’elle ne le sache.

Un phénomène plus fréquent qu’on ne le pense

Le stealthing reste largement sous-déclaré. Cependant le peu de chiffres disponibles donnent une idée de son ampleur.

📊 Le chiffre à retenir

Une étude australienne menée auprès de patient·es d’un centre de santé sexuelle (Melbourne, 2018) rapporte que 32 % des femmes (soit un tier des femmes) et 19 % des hommes ayant des rapports avec des hommes ont déjà vécu une forme de retrait ou de non-utilisation non consentie du préservatif.

Le phénomène touche donc les femmes comme les hommes, dans des contextes hétérosexuels comme homosexuels. Il serait aussi en augmentation chez les 18-30 ans, notamment via des communautés en ligne qui banalisent, voire encouragent, cette pratique.

Les conséquences pour les victimes

Le stealthing n’est pas un simple désagrément. Il expose la victime à un risque de grossesse non désirée et à un risque de transmission d’IST, dont le VIH, puisque le préservatif était justement la protection sur laquelle elle comptait.

Sur le plan psychologique, les conséquences peuvent être aussi lourdes que celles d’un viol : sentiment de trahison, perte de confiance, dégoût, anxiété durable.

Et non, ce n’est pas « moins grave » parce que le rapport avait initialement été consenti. C’est précisément la rupture du consentement qui pose problème.

Le stealthing est-il puni par la loi française ?

Encore en 2026, la situation reste juridiquement complexe en France. Il n’existe à ce jour aucune loi qui nomme spécifiquement le stealthing, ni de jurisprudence établie de la Cour de cassation sur le sujet.

L’article 222-23 du Code pénal définit le viol comme tout acte de pénétration sexuelle commis par violence, contrainte, menace ou surprise. C’est cette notion de « surprise » qui pourrait, en théorie, s’appliquer au stealthing. En effet, elle vise les situations où la victime n’aurait jamais consenti au rapport tel qu’il s’est réellement déroulé.

En pratique, plaider le « viol par surprise » reste difficile. Il faut notamment pouvoir montrer que l’usage du préservatif était une condition du consentement. Et c’est cet élément qui est rarement facile à prouver devant un tribunal.

D’autres pays sont allés plus loin : la Suisse, le Canada et l’Espagne reconnaissent déjà le stealthing comme une infraction sexuelle à part entière, tout comme certains États américains.

Le consentement au préservatif est un consentement à part entière

Un principe simple, mais essentiel : consentir à un rapport avec préservatif n’équivaut pas à consentir à un rapport sans.

Ce sont deux actes différents, avec des risques différents.

Retirer le préservatif sans en parler revient à changer unilatéralement les termes de l’accord, en cours de route.

📊 Le chiffre à retenir

Selon le SexReport Adam & Eve 2026, 12 % des Français·es pensent que « si quelqu’un participe, c’est automatiquement un oui » (16 % des hommes, 8 % des femmes). C’est exactement ce raisonnement flou qui permet au stealthing de perdurer : une participation initiale ne vaut pas accord pour tout ce qui suit.

Le consentement se donne pour des conditions précises. Il peut aussi être retiré à tout moment, y compris en plein rapport.

Que faire si vous avez vécu un stealthing ?

Si cela vient de vous arriver, quelques réflexes comptent :

  • Consultez rapidement : votre médecin traitant, un·e gynécologue, un centre de santé sexuelle ou une pharmacie peuvent évaluer un traitement post-exposition (TPE) contre le VIH, efficace dans les 48 heures suivant l’exposition, et une contraception d’urgence si besoin.
  • Faites-vous dépister pour les IST dans les semaines qui suivent, même en l’absence de symptômes.
  • Parlez-en, à un·e proche ou à un·e professionnel·le, même si vous hésitez à qualifier ce qui s’est passé.
  • Envisagez de porter plainte si vous le souhaitez : conservez les échanges (messages, conversations) qui pourraient appuyer votre témoignage.

Vous n’avez pas à minimiser ce que vous ressentez parce que le rapport avait, au départ, été consenti.

Ressources et aide en France

Vous n’avez pas à traverser ça seul·e. De l’aide existe.

3919
Violences Femmes Info, numéro national d’écoute (gratuit, anonyme)
116 006
France Victimes, aide à toutes les victimes, quel que soit leur genre (gratuit, 7j/7 de 9h à 19h)
17
Police Secours, en cas d’urgence immédiate

Trouver une association près de chez vous >

FAQ : stealthing, vos questions fréquentes

Le stealthing est-il considéré comme un viol ?

La loi française ne le nomme pas spécifiquement, mais il pourrait, dans certains cas, être qualifié de « viol par surprise » au titre de l’article 222-23 du Code pénal. Cette qualification reste toutefois difficile à prouver et n’a pas encore de jurisprudence bien établie en France.

Que faire si je pense avoir été exposé·e à une IST après un stealthing ?

Consultez rapidement : un traitement post-exposition contre le VIH est efficace s’il est pris dans les 48 heures. Un dépistage complet reste recommandé dans les semaines qui suivent, même sans symptôme.

Le stealthing touche-t-il uniquement les femmes ?

Non. S’il touche davantage de femmes dans les études disponibles, les hommes ayant des rapports avec des hommes sont également concernés, dans des proportions non négligeables.

Pourquoi certaines personnes pratiquent-elles le stealthing ?

Les raisons varient, mais aucune ne justifie l’acte : recherche de sensations différentes, désinformation sur les risques, ou pour certain·es, une volonté délibérée de transgresser le consentement de l’autre. Dans tous les cas, retirer le préservatif sans accord reste un choix qui appartient uniquement à la personne qui le fait, jamais une fatalité à accepter.

Sources

  • Bradshaw, C. S., Read, T. R. H., Chow, E. P. F., et al. (2018). Non-consensual condom removal, reported by patients at a sexual health clinic in Melbourne, Australia. PLOS ONE
  • Allo Docteurs, Stealthing : que dit la loi française face au retrait du préservatif sans consentement ?, 2024
  • Le Point, Qu’est-ce que le « stealthing » pendant un rapport sexuel ?, 2024
  • Code pénal français, article 222-23

Écrit par

Sally L

Content Manager
Sally est Content Manager chez Adam & Eve depuis 2024. Elle imagine et rédige des contenus autour du plaisir, de la sexualité et des relations intimes, ainsi que les histoires érotiques du magazine. Forte de 15 ans d’expérience en journalisme freelance et création de contenu, notamment à Londres, elle documente chaque sujet avant de l’écrire. Son objectif : informer et donner envie d’explorer.

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