C’est notre kiff de vous parler plaisir, positions et nouveaux sextoys… mais la santé sexuelle mérite tout autant d’attention. Le dépistage des IST, c’est un peu comme se brosser les dents après chaque repas. C’est un poil contraignant, mais c’est juste la base une fois qu’on en a pris l’habitude.
Voici comment s’y mettre, gratuitement et parfois anonymement, en France.
Sommaire
- Qu’est-ce que le dépistage des IST ?
- Pourquoi faire un test de dépistage des IST ?
- Quand faut-il se faire dépister ?
- Les IST les plus courantes en France
- Où faire un test de dépistage ?
- Comment se déroule un test de dépistage ?
Qu’est-ce que le dépistage des IST ?
Le dépistage permet de savoir si vous êtes porteur·euse d’une infection sexuellement transmissible (IST). Certaines IST provoquent des symptômes rapidement, d’autres plus tard, et certaines n’en provoquent jamais. Se faire tester reste donc le seul moyen fiable de savoir si un traitement est nécessaire, y compris en l’absence totale de symptôme.
📊 Le chiffre à retenir
En 2024, 61 100 cas de chlamydia, 25 800 cas de gonococcie et 6 500 cas de syphilis ont été diagnostiqués en France, selon Santé publique France. Le nombre de dépistages a augmenté de 20 à 30 % entre 2022 et 2024, un signe encourageant que de plus en plus de monde prend le réflexe de se tester.
Pourquoi faire un test de dépistage des IST ?
On ne veut pas ruiner l’ambiance, mais…
Certaines IST non traitées peuvent avoir des conséquences durables. Une chlamydia non traitée peut, dans de rares cas, entraîner des problèmes de fertilité, chez les femmes comme chez les hommes. Une hépatite B peut provoquer une fatigue prolongée pendant plusieurs mois. Une syphilis non traitée peut, des années plus tard, causer des atteintes graves aux os, au cerveau ou au cœur.
Se faire dépister protège aussi les autres. Sans le savoir, vous pouvez transmettre une IST à un ou une partenaire si vous n’êtes pas testé·e et que vous avez des rapports non protégés.
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Quand faut-il se faire dépister ?
- Après un rapport non protégé : Que ce soit lors d’une rencontre d’un soir ou avec un·e partenaire régulier·ère dont vous n’êtes pas certain·e de l’exclusivité, un rapport non protégé justifie un dépistage.
- Si vous souhaitez arrêter le préservatif en couple : Avant de passer à une autre méthode de contraception sans préservatif, il est recommandé aux deux partenaires de se faire tester, pour avoir la certitude de rapports sans risque de transmission d’IST.
- Si vous avez été prévenu·e par un·e partenaire : Si un·e ancien·ne partenaire vous informe avoir été diagnostiqué·e avec une IST, ne laisser pas trainer. Faites-vous tester rapidement, même en l’absence de symptôme.
- En cas de symptômes : Douleurs ou brûlures en urinant, pertes inhabituelles (couleur, odeur), douleurs abdominales, démangeaisons génitales ou anales : si l’un de ces symptômes apparaît après un rapport non protégé, un dépistage s’impose.
Les IST les plus courantes en France
- Chlamydia : l’IST bactérienne la plus fréquente, en particulier chez les 15-25 ans. Elle ne provoque souvent aucun symptôme, ce qui la rend d’autant plus importante à dépister régulièrement.
- Gonococcie (blennorragie) : chez les hommes, elle provoque souvent un écoulement au niveau du pénis.
- Verrues génitales : liées à certaines souches du papillomavirus (HPV)
- Herpès génital : provoque des cloques ou des plaies. Le virus reste dans l’organisme et peut réapparaître, notamment en période de fatigue ou de stress.
- Syphilis : non traitée, elle peut évoluer vers des complications graves après plusieurs années.
D’autres IST présentes en France
- Hépatite B : maladie du foie qui se transmet par voie sexuelle et sanguine.
- VIH : se transmet par rapport non protégé et par contact sanguin.
- VPH (papillomavirus) : virus qui peut provoquer un cancer du col de l’utérus ou de l’anus. La vaccination, recommandée dès 11 ans, reste le moyen de prévention le plus efficace.
- Poux du pubis (morpions) et gale : faciles à traiter avec une crème prescrite.
- Trichomonase : touche davantage les femmes, mais peut aussi concerner les hommes, avec des pertes inhabituelles et des démangeaisons.
Où faire un test de dépistage ?
En France, vous pouvez vous faire dépister à plusieurs endroits :
- Un CeGIDD (Centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic) : ouverts à tou·tes y compris aux mineur·es, sans ordonnance ni carte Vitale. Le dépistage y est gratuit et peut rester anonyme, sans condition particulière à remplir.
- Votre médecin traitant ou gynécologue : la consultation et les tests sont pris en charge par l’Assurance Maladie.
- Un laboratoire d’analyses : depuis septembre 2024, il est possible de se faire dépister pour le VIH et plusieurs IST directement en laboratoire, sans passer par un médecin au préalable.
Comment se déroule un test de dépistage ?
Le déroulement est simple et rapide. Selon l’IST recherchée, le test peut se faire par prélèvement vaginal (à l’aide d’un coton-tige), par analyse d’urine, par prélèvement anal en cas de symptômes, ou par prise de sang.
Un test ne peut pas être fiable immédiatement après un rapport à risque. Comptez généralement 6 semaines pour un résultat fiable concernant le VIH, la chlamydia ou la syphilis, et jusqu’à 3 mois pour l’hépatite. En cas d’exposition au VIH, un traitement post-exposition (TPE) peut être administré dans les 48 heures suivant le rapport à risque : rendez-vous alors directement aux urgences.
Si votre mode de vie vous expose régulièrement à un risque, un dépistage tous les six mois environ reste une bonne habitude à prendre.
FAQ : dépistage des IST, vos questions fréquentes
Le dépistage des IST est-il vraiment gratuit en France ?
Oui, dans un CeGIDD, il est entièrement gratuit et peut être anonyme. Chez un médecin, la consultation et les tests sont remboursés par l’Assurance Maladie.
Combien de temps attendre après un rapport à risque avant de se faire tester ?
Comptez environ 6 semaines pour un résultat fiable concernant le VIH, la chlamydia ou la syphilis, et jusqu’à 3 mois pour l’hépatite. En cas de doute, votre médecin ou le CeGIDD peut vous orienter sur le bon délai selon l’IST recherchée.
Peut-on se faire dépister sans que ses parents le sachent ?
Oui. Les CeGIDD sont ouverts aux mineur·es et le dépistage peut y être anonyme et gratuit, sans que les parents en soient informés.
La vaccination contre le HPV concerne-t-elle aussi les garçons ?
Oui. Depuis 2021, elle est recommandée pour les filles et les garçons dès 11 ans, avec un rattrapage possible gratuitement jusqu’à 26 ans pour les deux.
Sources
- Santé publique France, VIH et IST bactériennes en France, Bilan 2024
- Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic, Le VIH aujourd’hui : les clefs pour comprendre, 2023
- Haute Autorité de Santé, Papillomavirus (HPV) : le rattrapage vaccinal recommandé chez les femmes et les hommes jusqu’à 26 ans révolus
- Service-Public.fr, Le vaccin contre les infections à papillomavirus humains (HPV) est désormais remboursé, 2025