L’éducation sexuelle dispensée à l’école se concentre principalement sur la façon dont les enfants sont conçus, et sur les moyens de les prévenir. Pourtant, elle passe souvent à côté d’informations essentielles pour une vie sexuelle saine.
Voici ces faits importants sur le sexe qu’on n’apprend pas à l’école.
Sommaire
- Le sexe dans la vie réelle est différent du porno
- Les préliminaires sont essentiels pour les femmes
- Aller aux toilettes après un rapport sexuel
- Le consentement est nécessaire
- Les préservatifs ne protègent pas contre tout
- Pourquoi l’école ne suffit pas
- FAQ
Le sexe dans la vie réelle est différent du porno
Beaucoup de personnes débutant dans leur vie sexuelle et affective ne font pas la différence entre le sexe réel et ce qu’ils voient dans le porno. Et c’est un vrai problème. Ce constat touche les adolescent·es, mais pas seulement : on peut très bien découvrir sa sexualité, ou la redécouvrir, à tout âge.
📊 Le chiffre à retenir
Selon l’Ifop, 52 % des 15-17 ans en France ont déjà vu une vidéo pornographique, avec un premier visionnage autour de 14 ans et demi en moyenne.
Une étude de contenu réalisée par des chercheurs américains (Bridges et al., 2010) a montré que près de 90 % des scènes de films pornographiques les plus vendus contiennent une forme d’agression physique ou verbale.
Alors sans repères pour distinguer fiction et réalité, certain·es en concluent, à tort, que ces comportements sont la norme.
Les préliminaires sont essentiels pour toustes
Le désir met du temps à s’installer, pour tout le monde.
Et oui, contrairement à une idée reçue, un homme n’est pas toujours prêt en quelques secondes. L’excitation dépend du contexte, de la fatigue, du stress ou de la confiance, bien plus que d’un interrupteur qu’on allume à volonté. Et c’est vrai pour n’importe quel corps.
Les préliminaires ne servent donc pas qu’à « préparer » une pénétration. Ils font partie intégrante du plaisir de toustes, quel que soit le rapport recherché. Ils permettent aussi d’éviter l’inconfort lié à un manque de lubrification ou d’excitation, et favorisent l’orgasme.
C’est un aspect essentiel à intégrer dans l’éducation sexuelle, d’autant que les préliminaires sont rarement mis en avant dans le porno.
Aller aux toilettes après un rapport sexuel
S’endormir dans les bras de l’autre après avoir fait l’amour peut sembler romantique, mais mieux vaut passer par la case toilettes avant. De nombreuses bactéries se propagent autour de la zone de la vessie pendant un rapport, et uriner ensuite réduit le risque d’infection urinaire.
Le consentement est nécessaire
Le consentement est essentiel, à chaque étape d’un moment intime. Comme il n’est pas toujours évident pour tout le monde de savoir à quel moment le demander, mieux vaut prendre l’habitude de le faire systématiquement. Toucher ou embrasser quelqu’un ne devrait jamais se faire sans son accord clair. La communication reste la base d’une vie sexuelle saine.
Vous voulez tout savoir sur le consentement ? Retrouvez notre petit guide pratique du consentement !
Les préservatifs ne protègent pas contre tout
Le préservatif reste le seul contraceptif qui protège aussi contre les IST. Pourtant, certaines infections passent malgré tout : le VPH peut se transmettre par simple contact peau à peau ou lors d’un rapport oral, et la gale ou les poux du pubis se transmettent aussi malgré son utilisation. Se renseigner sur les différentes IST permet de mieux se protéger dans l’ensemble.
Pourquoi l’école ne suffit pas
La loi française impose pourtant trois séances annuelles d’éducation à la sexualité, de l’école primaire au lycée, depuis 2001.
📊 Le chiffre à retenir
Selon un rapport de l’Inspection générale de l’Éducation (IGESR, 2021), moins de 15 % des lycéen·nes et moins de 20 % des collégien·nes bénéficient réellement de ces trois séances annuelles prévues par la loi.
Dans les faits, la loi reste très largement inappliquée. Si vous avez des enfants ou des ados dans votre entourage, en parler avec eux reste donc essentiel : consentement, protection, ou simplement le fait qu’on peut tomber amoureux·se d’une personne du même genre. Ce n’est pas à l’école seule de porter cette responsabilité.
Cette éducation ne s’arrête pas à la sortie du système scolaire : elle continue toute la vie, au gré des rencontres, des questions et des envies de chacun·e. C’est aussi pour ça qu’existe ce magazine : combler, à tout âge, les manques d’une éducation sexuelle qui reste trop souvent incomplète.
FAQ : éducation sexuelle, vos questions fréquentes
À quel âge faut-il commencer à parler de sexualité avec un enfant ?
Dès le plus jeune âge, de façon adaptée : nommer les parties du corps, expliquer le consentement dans des gestes du quotidien (un câlin qu’on peut refuser, par exemple). Les sujets plus spécifiques à la sexualité viennent progressivement, souvent autour de la préadolescence.
Le porno est-il un problème en soi ?
Le porno n’est pas le problème en tant que tel : le problème, c’est l’absence de repères pour le mettre en perspective. Sans éducation sexuelle complémentaire, un jeune public risque de prendre une fiction pour un mode d’emploi.
Que faire si l’école de mon enfant ne propose pas ces séances ?
Vous pouvez interpeller l’établissement, qui a une obligation légale de les organiser. En complément, des associations comme le Planning familial interviennent aussi directement dans les écoles à la demande des équipes pédagogiques.
Sources
- Ifop, Les Français(es) et la pornographie, 2023
- Bridges, A. J., Wosnitzer, R., Scharrer, E., Sun, C., & Liberman, R. (2010). Aggression and Sexual Behavior in Best-Selling Pornography Videos. Violence Against Women
- Inspection générale de l’Éducation, du Sport et de la Recherche (IGESR), rapport 2021, cité par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes